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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:40

Ame de ce terroir de prédilection,

Cueilli, vieilli, passé le temps de la jeunesse,

Mûr, le fruit donne au vin plénitude et finesse

Dont le nez s’extasie en adoration…

 

Belle architecture à l’ample densité,

Equilibre parfait, la structure tannique

Développe du cru l’expression tonique,

La longueur de mise en bouche et la fermeté…

 

Par l’arôme flatté je succombe envoûté,

Eveillant tous mes sens la liquide caresse

Transcende mon humeur et déjà de l’ivresse

Subtile je connais la sainte volupté.

 

Inimitable goût, mirifique rondeur,

De l’amer au sucré que mon palais estime,

Chaleureux le raisin m’offre sa chair intime ;

J’en exalte conquis toute la profondeur.

 

Alors le cœur léger, sur mon verre penché,

Les yeux brillants de joie, oyez comme je chante

Enflammé les vertus du nectar qui m’enchante,

Et comme mon regard scintille amouraché…

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:37

Ami, ce soir oublie un instant tes soucis,

Tes chagrins, ton travail, ne soit pas indécis,

A cette table assis, ne te prends pas la tête 

Chante le vin primeur, aujourd’hui c’est la fête !

 

De la joie exaltant l’innocente gaité,

Ensemble et fraternels trinquons à l’amitié

Et laissons de côté tous nos tracas d’oseille,

Buvons jusqu’à plus soif la divine bouteille

 

Dans nos veines s’irrigue une douce chaleur,

Puisque tu peux tout faire épanche ta douleur

Plutôt que de pleurer, si tu ressens l’envie,

Le besoin de parler, raconte-moi ta vie

 

Et puis buvons encore, et puis rions aussi,

Savourons du nectar l’arôme réussi,

Avinons tous nos sens et puis levons nos verres ;

Les yeux brillants, clamons mille et une chimères…

   

Emportés par l’ivresse, aux sources du passé,

Eveillons nos vingt ans, par  le rêve embrassé,

Ressuscitons nos cœurs d’adolescents imberbes ;

Vois, comme cette nuit, les femmes sont superbes !

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 01:35

                                                 

La macération et le vieillissement

Achevés, le labeur d’une ancienne vendange,

Jusqu’à lors préservés du moindre assentiment

Connaitra le verdict : l’amère ou la louange

 

Fruit d'un travail passé, lorsque avec soin goûté,

Au nez comme au palais, dévoilant son intime,

Le vin délivre alors sa juste identité

  Vient l'instant attendu de certitude ultime...

 

Du bistrot au banquet, casse-croute ou festin,

Quelque soit la demeure et quelque soit la table,

De l’homme, la richesse ou le maigre destin ;

S’évade du flacon le bouquet délectable…

 

Geste du quotidien, le cérémonial,

Mille fois répété, conserve la magie

De l’instant fraternel, l’être convivial

Des saveurs du raisin célèbre l’effigie…

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:29

 

Amas de corps noueux pêle-mêle entassés

Ne pouvant de leurs doigts se suspendre aux nuages

Partout gisent des ceps l'un à l'autre adossés,

Victimes d'une époque aux coutumes sauvages...

 

Grave et silencieux, l'homme, les poings serrés

Et le regard mouillé, prémices d'un orage,

Plutôt que de gémir maints jurons éplorés,   

Avec peine contient le cri sourd de sa rage...

 

D'une triste colère il maudit l'horizon,

Tant de rêves brisés, d'amour pour cette terre,

De sueur et d'efforts à la morne saison ;

Sur sa joue une larme et il pense à son père...

 

Comme lui le vieil homme a donné sa santé

A ce Dieu noble et beau dont l'étrange ramure

Enfantait le fruit mûr d'une sombre clarté

Et de l'âme du vin ; il entend le murmure...   

 

Orphelin de la vigne, il demande pardon

De n'avoir préservé l'ancestral héritage.

Solitaire, il se sent, le cœur à l'abandon,

Complice, malgré lui, du funeste abattage...  

 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:26

L'hiver quand l'aquilon, plus acéré qu'une lame,

Écartèle son corps et fait geindre ses os,

Lorsque maints craquements martyrisent son dos ;

Son manteau claque au vent comme un vieil oriflamme...

 

Éreinté par le vent, les lèvres crevassées,

Il lutte à chaque pas et ses doigts engourdis

Se crispent douloureux et ses membres raidis

Par le froid lui font mal et troublent ses pensées...

 

D'une entaille à la main, une seconde, il enrage,

Il regarde sa terre et au loin sa maison

Mais homme de devoir, d'une bonne raison,

Tout au fond de lui-même il puise le courage...

 

A pas lents, il avance observant de la souche

Le sarment superflu qui commence à pousser,

Il le taille avec art, sans jamais se presser,

Et préserve le tronc du bourgeon qu'il essouche...

 

D'une rangée à l'autre il répète le geste

Et pourtant, chaque fois, il lui semble inédit,

Tant heureux sur l'instant qu'il en reste interdit

Et redouble d'efforts, engoncé dans sa veste...

 

Indicible bonheur, lorsqu'il lève la tête

Et contemple du ciel l'horizon éclairé,

Qu'il écoute du Cers le souffle libéré,

Oubliant ses douleurs, l'homme devient poète...

 

Certains penseront que sa besogne est ingrate

Mais lui de son travail il brandit le flambeau

Car il n'en connait pas de plus noble et plus beau :

« De la vigne soigner le terroir disparate... »

 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:24

L’œil observe, avant tout, du vin, la fluidité.

Sa robe de couleur, profonde et soutenue,

S’ourle d’ambre oxydé, faussement ingénue,

Et se découvre intime avec limpidité…

 

Aux pourtours du cristal, angélique clarté

Un disque lumineux d’une bonne tenue

Couronne la charpente incarnate et charnue

Dévoilant, de son corps, la sensualité…

 

De chatoyants reflets, symbole de noblesse,

Voltigent dans mes yeux avec grâce et souplesse

Émoustillant mes sens d’arômes capiteux…

 

S’annonce le vertige immanent à l’ivresse     

Dont mon âme prédit l’euphonique allégresse,

Du nectar, j’entrevois les fondements schisteux…

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:22

                                             

Lorsque douce, l’ivresse exalte la gaité,

S’estompent les soucis, le quotidien s’efface.

Soulagé des fardeaux, l’esprit fait volte-face

Et s’envole léger loin de l’hostilité

D’un monde indifférent à la difficulté

D’être ; l’homme affabule et fait de longs voyages...

 

Nourrit par la chaleur du fruit et ses alliages,

 Il transforme à son gré l’âpre réalité ;

Lui-même et pourtant autre il peuple l’horizon

De ses rêves cachés. Le présent se dilue

Tout au fond de son verre, ailleurs il évolue

Et d’inventer sa vie, il se donne raison…

 

A cette table assis, de le voir s’aviner,

S’il en est parmi vous qui ne peuvent comprendre,

Plutôt que de juger, trinquez sans plus attendre,

Sans excès dégustez le vin tout juste né !

Epicé, sentez-vous l’embrasement charnel

S’irriguer dans vos corps, l’immanente allégresse

Qui vous prend dans ses bras. Grisés par sa tendresse,

Goûtez-vous de l’instant le plaisir fraternel !     

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:20

Lors qu'arrive le temps des sanguines vendanges,

Teintés de cuivre brun, d’un vieil or inédit,

S’exaltent des couleurs dont le cœur s’ébaudit,

Le cep offre ses fruits nimbés de cheveux d’anges…

   

Délicate, une main dégrafe son corsage,

De la grappe estimant la pulpeuse moisson,

Elle observe avec soin l’automnale toison

Et de ses doigts, se fraie un intime passage…

 

Au contact de la peau la ramure gémit,

Par la pulpe, taché, l’épiderme frémit

Et détache les grains de la souche râpeuse… 

 

Docile à la caresse, à ce geste attentif, 

Complice, le raisin s’abandonne lascif

Et révèle au cueilleur sa chair d’ambre juteuse.

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:16

Amalgame étonnant aux reflets pigmentés,

Aussi puissants au nez que racés mis en bouche,

Des terroirs schisteux enluminant la couche,

Ils charment les palais de leurs corps charpentés…

 

Cépages merveilleux par l’automne fêtés,

Cabernet-Sauvignon à la sève mythique 

Du muscat liquoreux à la syrah tonique,

Altesses des coteaux dont les grains récoltés, 

    

D’un intense bouquet au caractère fruité

Et arômes boisés du Mourvèdre au Grenache,

Du Cinsault au Carignan avec soin et panache,

Élevés, façonnés, plein d’authenticité,

 

 Les crus du Languedoc, d’une forte identité,

Amplement parfumés de tanins et d’épices,

Objets d’un long travail sous les meilleurs auspices,  

Ont conquis leurs galons de par leur qualité…

 

Amateur éclairé de les avoir goûtés,

De l’amer au sucré caressé des papilles,

D’en avoir dégustés, longuement, les grappilles,

 Tu chanteras le nom de ses vins réputés…

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 00:14

La taille en elle-même est un art véritable

Qui demande rigueur, soin et précaution,

Le vigneron procède avec attention

Pour ne point mutiler la souche vénérable…

 

Échiné par le vent, l’hivernale froidure,

L’homme essarte assidu le bois végétatif,

Penché sur son ouvrage, à sa tache attentif

Il avance à pas lent suivant la procédure…

 

Tandis que dort la sève et sommeille la terre,

Élaguant la racine méticuleusement,

Du cep, il ralentit le long vieillissement

Et embellit du tronc le noble caractère…

 

Il perpétue ainsi le geste séculaire 

     Celui qui du bourgeon fait la sélection,

Et du fruit permettra la bonne éclosion

Que le ciel nourrira de façon exemplaire…

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