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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 11:16

Lorsque la résurgence entrouvre son missel,

Flottent de-ci-delà des papillons de sel.

Soupirs évanescents d’encres impérissables

Des empreintes de pas lambinent sur les sables…

 

Aphorisme entre terre et ciel, de tous côtés

Musardent des embruns de miels abricotés.

D’éther et de cristal, estampe sinuée,

Blanche voile, au loin, s’effile la nuée…

 

Sensible monogramme en fractale arpégé,

Ondoyant sur la houle, échos au vent léger,

Douce luminescence aux écailles d’aloses,

Émerge du levant le chant des voix encloses…

 

Au souffle lent du temps tendrement ballotés,

Allant au fil de l’eau comme des bois flottés,

Sur la laisse de mer, autant qu’ils s’en souviennent,

Dans le cœur des amants les souvenirs reviennent…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:38

À l’ombre des lilas grimpant en espalier,

Au bas de volets bleus nimbés de citronnelle,

Éclairé seulement par un vieux chandelier,

Je passerai, mes nuits, assis sous la tonnelle…

Sous un rayon de lune, attablé sous l’auvent,

En sirotant le vin rosé des souvenances,

J’écouterai frémir les ombres sous le vent

Et attendrai l’instant des grandes transhumances…

En regardant nymphéas, lentilles d’eau, roseaux

Danser un vieux tango sur un air d’opérette,

Sur les berges du fleuve où nichent les oiseaux,

Je cueillerai sur l’onde une plume d’aigrette…

J’irai le cœur léger, demain comme jadis,

Ramasser le bois mort sur l’herbe velouteuse.

Tout le long du jardin des envolées d’iris

Enjôleront rêveurs la rose capiteuse…

À l’heure, où au lointain, sonnera le clocher,

Je fumerai alors d’ultimes cigarettes

Et puis je partirai simplement me coucher

En effeuillant des yeux de douces pâquerettes…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:35

Brins de laine tissés sur les rouets du temps,

Des elfes ciselés de soie et de dentelles

Enfantent chaque jour des nuées d’étincelles ;

Sous les doigts de l’hiver chantonne le printemps…

Sur la roue au zénith, l’Hermite des tarots,

Tout le long du voyage allume des lanternes

Et des souffles de vie aux arches des poternes ;

Sous la lune, la nuit, voltigent des pierrots…

Comme barque amarrée auprès d’un batardeau,

Je contemple rêveur les méandres du fleuve.

Au chant de l’hirondelle émerge une aube neuve ;

Parmi les nymphéas glissent des lunes d’eau…

Je sais de grands soleils nichés au creux des cœurs

Et des bouquets de fleurs sur les pierres tombales.

Sous les ailes du vent, tambourins et cymbales

Accompagnent en chœur de beaux merles moqueurs…

Déjà brunante tombe à la pointe du soir

Ma jeunesse s’enfuit à tire, tire-d’aile

Mais la ride embellit mon âme d’asphodèle ;

À l’ombre d’un tilleul demain j’irai m’asseoir…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:30

Je sais à l’horizon la turquoise tisser

Sur les rouets du ciel des anneaux d’aube claire.

De vermeil, fil à fil, le soleil les éclaire ;

À pas de loup, le jour s’éveille vernissé…

Le coq en chef d’orchestre affute son clairon.

Bergères des jardins, corolles de pétales,

Tout le long des murets dansent des digitales ;

Des nuées de moineaux s’ébrouent sur le perron …

Éparpillant l’ombrée autour de la maison,

Lutine, la lumière emperle les persiennes

Et porte dans son sein ces mélodies anciennes,

Que reprennent en chœur le merle et le pinson…

Une brise marine enivre les buissons.

La rosée au matin chromatise platanes,

Oliviers et grands pins de teintes océanes ;

Des elfes de cristal voltigent polissons…

Aux détours d’un chemin, bouquets désenclavés

Sous un ciel améthyste, embruns de porcelaine

Mouchetés de saphirs, fleurit la marjolaine ;

S’exhalent des parfums à jamais emblavés…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:24

À l’heure où l’écureuil se grise de rosée,

Rossignol, au matin, éveille le jardin.

Chevelure de nacre, ondoyante, irisée,

L’aube claire s’emperle aux doigts d’un baladin…

Le lys et le lilas se font la courte échelle.

La rose refleurit parmi les épineux.

Sur sa tige, l’iris joue à la balancelle.

Le printemps fait son nid sur un sol limoneux…

Le merle et le pinson chantent des vocalises.

Sur les marais salants s’embrasent des cristaux.

Les oiseaux migrateurs ont posé leurs valises.

Mille paillettes d’or mouchètent les coteaux…

L’abeille, de senteurs, remplit son escarcelle.

Petit grain de soleil ourlé d’accroche-cœurs,

Sur les bourgeons en fleur se pose l’étincelle ;

L’amour universel bourgeonne dans les cœurs…

De naguère à demain, le temps se superpose.

Maints gazouillis d’eau fraiche affleurent les buissons.

Sur les rives du fleuve un cygne blanc se pose ;

Une graine frisonne aux creux des frondaisons…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:22

Rrésonance d’un monde éthéré, naturel,

À l’heure propice où les ondines lutinent,

Mutine la lumière enfante l’immortel,

Cette roue au zénith que les flots dodelinent …

De célestes soupirs, estampés d’aquarelles,

Fascinent le regard tourné vers l’infini.

Voilages lactescents, des nuées de dentelles

Moutonnent mollement dans l’espace assaini…

J’en respire les embruns que les brises marines

Chuchotent aux rêveurs. Aux limites des eaux,

L’horizon et le sel composent des rimes

Que chantonnent en chœur d’éphémères oiseaux…

Ineffable présence ondulatoire, un cygne

Blanc glisse indolemment sur l’onde. Bois-flotté

Sur les pages du livre, inscrit dans l’interligne

Le temps suspend son vol, tout n’est que volupté…

En bas maillés de bleus et soyeuses guêpières,

Éventail torsadé de coulures de miel,

À l’infini le ciel maquille ses paupières,

Sous ses doigts l’indigo se nimbe de vermeil…

Souffle lent sur le sable, enlacé à l’écume

Des vagues, coquillage adossé à la mer,

Tous les sens en éveil et léger comme plume ;

Je dérive ébloui sous la voûte outremer…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:20

Malgré le froid, le vent, les rudesses du temps,

Considérant l’hiver comme simple anicroche,

Souffle lent sous le givre, une graine s’accroche

À la vie. Elle porte en son sein le printemps

Renaissant, l’avenir, les enfants de demain.

L’espérance est son bien et l’amour sa parole.

Elle proclame sa foi en versant son obole

Et nous désigne ainsi les beautés du chemin.

Exaltant les couleurs du monde en devenir,

Éveillant les parfums contenus aux rivages,

De l’ombre à la lumière, elle traverse les âges

Sur les pas du soleil, sans jamais se flétrir…

Cette graine est en nous, elle n’attend pour germer

Dans nos cœurs, nos esprits que les hommes soient frères,

Que la paix, le respect deviennent ordinaires,

Que l’on sache en tous lieux simplement l’essaimer…

Il suffirait de peu pour en faire un destin ;

De tuer le veau d’or, de donner davantage,

De bonnes volontés, d’un peu plus de partage ;

D’une graine à semer, je rêve d’un jardin…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:19

Coups de poings, coups de pieds rageurs contre les portes,

Mille hussards hérissés de sabres, en cohortes,

Bastonnent les volets, lacèrent les buissons,

Et de longs hurlements font trembler les maisons…

Février émorfile, une à une, ses lames

D’acier froid. Sous ses coups, désemparées, nos âmes

Frissonnent près de l’âtre où craquent les bois morts

Et nous passons la nuit repliés sur nos corps…

Le temps n’a rien d’humain. Pas une silhouette

Ne se risque dehors, nul n’est assez hâbleur

Pour oser affronter l’ire de la tempête…

Pour conjurer le sort, le monstre dans l’errance,

L’un dans l’autre blottis, nous cherchons la chaleur

Et murmurons des mots d’amour et d’espérance…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:17

Silhouette androgyne invisible à l’œil nu

Dont seul le cœur pressent l’ineffable apparence,

Une encre bleue azur, toute de transparence,

Sillonne le feuillet blanc d’un monde inconnu…

Dans les taillis touffus où nichent les oiseaux,

Éparpillées le long d’un sillon de mémoire,

Il est des clefs donnant accès au vieux grimoire ;

Sous le voile nuiteux dansent des lunes d’eau…

Eau-forte dévolue au mystère, transcrit

D’un trait de plume au sein même des métaphores,

Subtil l’illusoire enfante des amphores ;

Le rêveur, d’une image ou d’un mot, en décrit

L’ineffable liqueur. Venu d’ailleurs un chant

Éclaire l’initié tout le long du voyage.

Merveilleuse égérie alunée au rivage,

Une flamme flamboie aux berges du couchant…

Dans le feu tellurique aux portes du chaos,

Un mage s’est assis sur un amas de toiles.

Sans forme ni visage, il tisse des étoiles ;

La parole en transmet les multiples échos…

Incandescente l’onde enlumine les cieux.

La multitude épand ses ailes de lumière.

D’un univers à l’autre, il n’est plus de frontière ;

Sur l’infini je vogue et me brûle les yeux…

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 10:37

Le poète a posé son carnet, son crayon.
Près d’un saule-pleureur, il dort sur le layon.
S’envolent dans l’éther le chant des mandolines ;
Dérivent au fil de l’eau des encres orph
elines…

Les oiseaux se sont tus. Des larmes de grésil
Emperlent tristement le chemin de l’exil,
Sous le voile du deuil, consonnes et voyelles
Lui composent des lieds loin des voix offici
elles…

Que reste-il de lui, paysages rêvés,
Inscrits sur des feuillets quelques mots délavés ?...
Une rime parfois affleure entre les lignes ;
Dans la marge, oubliés s’en estompent les
signes…

À son chevet, recueils pas même préfacés,
Se défeuillent au vent ses vers dédicacés,
Toupillent dans le ciel des nuées de phalènes ;
Les soirs de lune pleine il pleut des canti
lènes…

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