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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 13:06

J’aurais voulu quitter mes habits de tristesse,

Ne pas me sentir seul lorsque tu dis tendresse,

La vie est infidèle au bon vouloir du cœur,

Sous ma fenêtre chante un grand merle moqueur…

J’aurais voulu cueillir des roses sur tes lèvres,

Ensemencer le ciel d’aubépine et de rêves

Mais le temps est cruel avec celui qui aime,

Des promesses d’hier, ne reste qu’un poème…

J'aurais voulu t’aimer à en perdre la tête,

Faire de chaque jour une nouvelle fête,

Je t’ai vu doucement ne plus dire demain,

Pas à pas t’éloigner en délaissant ma main…

J’aurai voulu partir avec toi pour Venise

Et peut-être m’assoir sur le banc d’une église

Mais sur les quais déserts, s’éloigne ton regard,

Seul résonne l’écho d’un train sur le départ…

J’aurais voulu garder ton petit cœur pour cible

Mais je suis maladroit, cela devient risible,

Comme peau de chagrin mon carquois est usé, 

Je n’en ai plus la force et mon arc est brisé…

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 00:14

En regardant le ciel assis sur le perron,

Je découpe le temps en tranche de citron

Et parfume le thé froid qu’il me reste à boire,

Les herbes dans le vent font de la balançoire…

 

Sur les murs de torchis grimpe le liseron.     

Couché sur une chaise, un chat fait le dos rond,

Un air de piano glisse sous la tonnelle,

Dans ma tête des mots dansent la ritournelle…

 

Effleuré, cajolé par un souffle marin,

Sur la porte sautille un brin de romarin,

Dentelles de satin au fronton d’une armoire,

Des coussins de lavande embaument ma mémoire…

 

Aromes de café, senteurs de pain grillé,

De l’enfance remonte un parfum vanillé,

Passe le souvenir des heures singulières

C’est la valse à trois temps des odeurs familières…

 

Face à l’hostilité d’un monde dévasté

Par de tristes clameurs, dépouillé, balloté,

Fétus de paille, afin de survivre aux naufrages,

Sur la noirceur des jours, je colle des images…

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 23:55

Insolente amazone ondoyante et féline,

Toute entière vouée au culte du bonheur,

Dominante ou conquise, à fleur de peau câline,

Elle aiguise mes sens avec art et ferveur…

 

À la marge du temps, sous les ailes complices

D’une étoile enjouée, ivres de volupté,

Corps à corps, nous jouons, les yeux pleins de malices,

À des jeux inédits en toute intimité...

 

Doux froissements de peau sous nos doigts libellules,

Sur l’arc incandescent et tendu du désir,

Nous allons titubant, comme des funambules,

Jusqu’au bout de la nuit moissonner le plaisir…  

 

Empalée à mon sexe, intrépide, elle apaise

Le remords et le fer qui me brûle le cœur

Et pourfend l’interdit, librement à son aise,

En m’offrant de l’amour la sublime impudeur…

 

Sur le chemin tracé qui mène vers l’extase,

Comme pris de vertige avec joie et douceur,

De soupirs en baisers, nous avançons en phase,

L’un à l’autre soumis, consumés par l’ardeur…

 

L’âme et l’esprit pétri par l’argile et la glaise,

Sur les rives du temps, poète vagabond,

Je renais d’une femme aux œillades de braise…

Et je puise racine en son ventre fécond…

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 07:54

 

 Ô songe incertain, essence volatile,

Quand sur nos cœurs l’hiver aiguise ses couteaux,

L’ombre des souvenirs s’effiloche en lambeaux,

Tout ce qui fut bâti se révèle inutile… 

 

De naguère et jadis, tant de choses mortes

S’émiettent sur le sol, de pétales fanés 

Gisent ici ou là, de parfums surannés

S’épuisent, certains jours, à frapper à nos portes…

 

L’empreinte de nos pas sous un masque de givre

Épouse les contours d’un visage inconnu,

Dans le bleu de mes yeux, le paysage est nu ;

S’érodent doucement le vouloir et le vivre…

 

Passe, passe la nuit des vieilles lassitudes

À chaque soir sa peine et l’attente revient,

Ô Dieu de miséricorde, il fait un temps de chien

Je suis seul dans le lit des grandes solitudes…

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 10:47

Ce soir, j’irai quérir l’amour comme naguère,

La pomme et le raisin grimpant en espaliers,

La rose et le lilas au jardin de mon père,

Les amandiers en fleurs parmi les peupliers…

Dans la pâle clarté d’une lune complice,

Je prendrai le chemin qui mène aux cerisiers,

J’en goûterai les fruits avec joie et délice,

J’humerai le thym caché sous les lauriers…

Je marcherai joyeux jusqu’aux bords des futaines

Dans le ciel passeront des oiseaux migrateurs,

J’écouterai chanter l’eau vive des fontaines

Des elfes danseront au loin sur les hauteurs…

Couché sous un bosquet à la noble voilure,

Je regarderai Vénus s’épandre tendrement

Et je suivrai des yeux sa longue chevelure

Semant des grains de sable au cœur du firmament…

Grisé par son parfum que la nature infuse,

Je laisserai couler mes larmes en chorus,

Tel un enfant niché dans les bras de sa muse,

Je baiserai le front des êtres disparus…

J’effleurerai des doigts les astres funambules,

Dés lors, je laisserai mes rêves enchanteurs

Dans la nuit divaguer comme des somnambules

Et puis je dormirai sous des saules-pleureurs…

Poètes, dites-moi : croyez-vous aux chimères,

À ces femmes aux yeux gris-vert comme la mer,

Qui reviennent la nuit vous rappelez vos mères,

Dont vous gardez, secret, le sentiment amer ?... 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 23:56

Lorsque rose se fane au velours de ta peau

Le miroir de tes yeux, jaspé d’ardoises grises

Et de brumes, ressemble à ses eaux indécises

Qui sommeillent la nuit auprès d’un batardeau

Et tu sembles flotter, tristement dériver,

Vers des ailleurs lointains, ces horizons de givre

Où ton cœur effrayé cherche la route à suivre ;

Le jour n’attend que toi pour enfin se lever

Pourtant tu ne vois pas, doucement, se poser

Les oiseaux pèlerins aux pourtours des futaines 

Et le soleil danser sur le bord des fontaines,

Tu ne sens pas le vent t’effleurer d’un baiser…

Lentement, sur ta joue, un sillon de sel

Glisse jusqu’à l’ourlet de tes lèvres trop sages,

Tu regardes passer, dans le ciel, les nuages

Et marmonne en secret les mots saints d’un missel…

Quand ton regard se perd sur des quais ivoirins

Sans savoir où aller. Quand simplement tu pleures,

Quand au clocher le glas éternise les heures ;

Tes plus humbles douleurs sont mes plus grands chagrins !...

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 03:25

D’étincelles de sel en prismes éclatés,

Furtifs attouchements de prunelles complices,

À l’ombre de nos cils, intimistes clartés,

Expression du cœur, nos yeux, avec délices,

Se reconnaissent puis se caressent troublés

Alors le temps s’arrête à la marge du monde,

Le bruit des voix s’estompe et seuls restent les blés

De nos iris ondoyants. Chaque frêle seconde

S’éternise sur l’eau trouble de nos regards

Qui se frôlent brûlés par la flamme limpide

Où couve ce désir qui nous transporte hagards

Vers l’horizon tremblant sur les rives du vide…

Enchaînés aux miroirs nos corps, discrètement,

Dérivent l’un vers l’autre à la fois immobiles

Et fiévreux sur le fil tendu du sentiment

Dont nous tissons déjà les liens indélébiles…

Sortilège des sens, subtils effleurements

Tactiles et secrets, magiques estampilles,

Prémices du plaisir, de maints frémissements

L’oracle de cristal dilate nos pupilles…

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 01:38

Un sillon de cailloux nimbé d’herbes sauvages

Caché parmi les ceps, les figuiers et les pins,

Il serpente parfois aux pourtours des rivages,

L’on y croise souvent écureuils et lapins,

La terre et les étangs y mêlent leurs épices,

Dévoilant ses furtifs secrets au fil des pas,

En pente douce, il mène à de grandes bâtisses

En bois, il en est une assise, en contrebas,

Plus modeste, semblant s’échouer sur la grève,

Des comportes de fleurs charment le visiteur,

 A l’ombre, sur un banc, une chat s’étire et rêve.

L’on peut s’imaginer y voir un vieux pêcheur

Recoudre ses filets, peut-être aussi, sensible,

Un couple d’amoureux s’enlacer tendrement

Sous la tonnelle ou dort un bel enfant paisible,

Il pleut de l’or liquide en ce jardin clément,

Autours de la maison comme un parfum d’orange,

Une fontaine, un puits, des arbres, des oiseaux

Et puis au bord de l’eau cette cahute étrange

Où des elfes parfois, étoilées en faisceaux,

Semblent flotter au gré des brises occitanes,

C’est ici que souvent, seul parmi les roseaux,

En regardant danser d’ancestrales tartanes,

Je viens la nuit me perdre en des mondes nouveaux…

 Ballade en d’autres temps, j’enfante des histoires,

Nul n’en saura jamais le juste sentiment,

Je puise l’utopie en des lieux de mémoires,

L’endroit que je décris n’existe pas vraiment…

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 02:52

Adolescent fugueur, j’ai dormi dans des caves,

Les couloirs du métro, sur des bancs, sous des ponts,

Côtoyé des clochards couchés sur des cartons,

J’ai conjuré la faim et bien d’autres enclaves…

En des gouffres sans fond, j’ai vu tombé mes frères

D’infortune, échinés, découragés, minés

Par la drogue et l’alcool. Vaincus par ces vipères

Bien trop nombreux sont ceux à jamais aliénés…

J’ai du serrer les poings pour simplement survivre,

Parfois aussi me battre au bord de l’abandon

Pour de pas déraper sur des plaques de givre

Et dans un caniveau m’allonger, moribond…

J’ai connu le mépris, le froid, l’indifférence,

La misère de ceux qui ne possèdent rien

Mais aussi la chaleur de ces gens dans l’errance

Qui partage le peu qu’ils ont au quotidien…

Je n’ai pas oublié, fidèle à mon histoire,

Le mal-être engendré par la précarité,

Les ans de pauvreté conservés en mémoire,

De notre société l’indigne absurdité…

Toujours les mêmes mœurs, l’injustice m’insurge,

Pour que naisse le temps de la fraternité,

Il faudra bien qu’un jour le ciel enfin se purge !…

Tout simplement humain, chagriné, révolté,  

Je ne peux oublier les douleurs, la souffrance

Des ombres que le monde enfante sans pitié,

J’en sais la solitude et la désespérance

Le manque et le besoin d’amour ou d’amitié…

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 14:57

Un mince coin de ciel derrière la fenêtre

Close, juste un espace ouvert sur l’infini,

Un petit carré gris et puis aussi peut-être

Comme un dernier regard, qui tente démuni,

De retenir le temps. Déjà le jour s’achève…

Faut-il se souvenir de naguère et jadis,

De ces instants lointains aux limites du rêve,

Dois-je avoir le regret d’anciennes oasis,

Des gestes quotidiens, des vieilles habitudes,

De ces êtres aimés que je laisse ici bas ?

Je m’en vais malgré moi vers d’autres latitudes

 À quoi bon en parler mon cœur est bien trop las…

Pâle, les traits tirés, fatiguée, immobile,

Elle semble, à mi-voix, doucement marmonner

En regardant le vide. Empreinte indélébile,

Seuls ses yeux délavés paraissent chagriner

Et me dire ce mot que je ne veux entendre,

C’est un mot d’adieu d’une extrême douceur,

Un ultime sourire à la fois triste et tendre

Qui me laisse orphelin plein de cette douleur

Qu’il me faut contenir pour la laisser paisible

Lentement s’en aller en lui tenant la main,

Le silence s’installe étrangement sensible,

Dans un autre univers je la verrai demain… 

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