Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 12:48

Sur  un banc du collége, aux pourtours du destin,

Hasard d’une rencontre, un maître et puis un livre

M’interpellent soudain, me disent le chemin

Du sensible et du beau, du vouloir et du vivre…

 

Fulgurance, évidence, un univers nouveau 

Se révèle et s’éveille au milieu des décombres,

Soupir en toute chose, intime, à fleur de peau,

J’entrevois l’invisible à l’infini des nombres…

 

J’écoute chuchoter les voix venues d’ailleurs,

Les ombres sur les murs qui peuplent le silence

Et les êtres cachés, ces secrets d’orpailleurs

Enluminant le monde à chaque résurgence…

 

J’entends le blé germer, les pierres frissonner

Sous le souffle du vent, le bruissement des flammes

Assoupies sous la cendre, exalté, fasciné,

Condisciple, j’apprends le langage des âmes…

 

Enfant prodige, fils de ces autres en moi,

À l’âge de treize ans, plus tout à fait le même,

En quête d’absolu, tous les sens en émoi,

Il me semble être né sur les mots d’un poème…

 

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 08:43

Défénestrer nos peurs et renaître curieux,

Libérer la mémoire et puis surtout entendre

Sans se voiler la face ou détourner les yeux

L’intime vérité frémissant sous la cendre…

 

Regarder d’où l’on vient, découvrir qui l’on est,

Recomposer l’histoire et peut-être comprendre

Le comment, le pourquoi de notre identité,

Trouver au fond de soi ce qu’il nous faut apprendre…

Il me semble être né dans un lit dévasté,

Au pays de l’exil calciné par les larmes,

 Sans âge sur le tard, je m’éveille hébété

Et le monde apparaît plein de bruits et de flammes…

 

Adolescent meurtri soudain ressuscité,

Trop longtemps réfugié sous un voile macabre,

Affranchi de mes fers, ivre de liberté,

Comme un cheval, sans doute un peu fou, je me cabre…

 

Des ténèbres se lève un murmure nouveau,

D’un cri salvateur je sors de ma coquille,

Les sens exacerbés, sensible à fleur de peau,

Je découvre le ciel, l’horizon, ma famille…

 

J’oscille, je vacille entre doute et clarté,

L’étrange ressenti me dit ma différence,

Pour dire qui je suis, je cherche en aparté

L’étincelle d’un phare, un point de référence…

Partager cet article
Repost0
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 18:22

Plus encore ses yeux d’algues vertes teintés

De paillettes d’or pâle et d’embruns maritimes

M’intriguent, je suis nu face aux troubles clartés

 Dévoilant à demi des échos plus intimes…

                                                                            

À l’abri de ses cils aux feuillages soyeux,

Elle semble m’ouvrir une porte secrète

Où, prélude à l’amour, présage merveilleux,        

Scintille une lueur sensuelle et discrète…

                                                                                         

Aux pourtours de l’iris d’ébène ténébreux,

D’incandescents brassiers, de poussières d’étoiles

En soleils éclatés, projettent, sulfureux,

Des reflets chamarrés dissimulés sous des voiles…

 

Je pénètre et me perds dans l’eau de son regard,

Dont la flamme à la fois claire et mystérieuse

Me saisit, me consume en me laissant hagard

Au seuil de sa paupière entrouverte et rieuse…

Partager cet article
Repost0
8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 13:37

Une perle de sang suinte de ma poitrine

Et laisse sur ma peau son empreinte saline,

Souffle aigre-doux, dérive étoilée en faisceaux,

Dans ma tête, des voix affûtent leurs ciseaux…

 

À pas pressés, le temps, ni joyeux ni morose,

Passe sans s’arrêter devant ma porte close,

Plus une ombre ne vient dessiner l’horizon  

Dont je porte le deuil à la morte saison…

 

C’est l’été mais l’oiseau de mon cœur est aphone,

Mes yeux ont les couleurs chagrines de l’automne,

Le ciel bleu doucement s’effiloche en lambeaux,

Mon étoile vacille aux portes des tombeaux…

 

Coquillage de nacre échoué sur la grève,

Essoufflé sous le sable ainsi s’éteint le rêve,

Une main a lâché la coupe de cristal

Et le verre en éclats luit comme du métal…

 

Assis au bord de l’eau, je sais la solitude

Des êtres différents face à la multitude,

Ils vont et viennent seuls depuis le premier jour

Et cherche dans le monde une miette d’amour… 

Partager cet article
Repost0
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 13:03

Je rêvais d’un amour à la fois doux et tendre

Et tu ne disais rien, j’en suis resté surpris.

Je te disais les mots que je voulais entendre,

Ce n’étaient pas les tiens et je n’ai pas compris

Ou plutôt j’ai compris, à travers ton silence,

Ce qu’il fallait entendre alors je suis parti

Te laissant à ta vie. Au loin sans ta présence ;

Demeure le besoin d’un bonheur interdit…

 

A la fois insoumise et colombe fragile,

Ombrageuse parfois mais tellement gracile,

Fascinante, émouvante, éprise au fil de l’eau,

Et plus encore aussi sensible à fleur de peau…

Souvent je pense à toi, comme à cette andalouse

A la beauté rebelle et charmes enjôleurs,

En quête d’infini, cette femme jalouse

Exigeante et pourtant otage de ses peurs…

 

Tu me disais des mots que je n’ai su comprendre,

Ce n‘étaient pas les miens, j’étais compréhensif

Mais je ne disais rien, t’aurais pas pu m’entendre,   

Tu parlais d’un amour orgueilleux, possessif,

Un peu fou mais jaloux, impossible à te rendre

Alors tu es partie en d’autres rendez-vous

Chercher cet absolu sans plus jamais m’attendre,

Je me demande souvent, que reste t-il de nous ?...

Partager cet article
Repost0
16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 00:41

Lorsque je songe à lui, sans un ressentiment,

Je vois un inconnu roder dans ma mémoire,

Je ne sais quoi lui dire, étrange sentiment

D’avoir perdu la clef de cette vieille histoire…

 

A force d’en parler cela devient banal,

Il est sans doute temps, tout en bas de l’ouvrage,

Définitivement d’y mettre un point final,

D’une image ou d’un mot d’en refermer la page :

 

Je ne saurai jamais s’il m’a vraiment aimé,

A vrai dire pour moi ce n’est pas un problème,

Il ne saura jamais que je l’ai pardonné

Et que je l’entrevois pas tout à fait le même…

 

Je parle de mon père, à quoi bon regretter,

Ce qu’il n’a su donné de son vivant naguère

Et tout ce qu’il m’a pris, voyons la vérité ;

Depuis longtemps déjà je n’y pense plus guère...

Partager cet article
Repost0
16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 00:26

Tu sais, lorsque je pense à ces vieilles histoires

Qui rodent, malgré moi dans ma tête le soir,

Quand le temps se transforme en ondes vibratoires,

Sous un arbre, je vais tout simplement m’assoir…

Je regarde le ciel, l’infini, les étoiles

Et j’écoute frémir les ombres sur les murs,

Les voix de l’au-delà déplier leurs grands voiles

Dont le souffle s’abîme en des endroits obscurs…

Résonne dans l’éther le chant des barcarolles,

La vie est infidèle au vouloir du destin,

Chacun à ses douleurs, son lot de casseroles

Qu’il nous faut trimballer jusqu’au dernier matin…

Loin des bruits de la foule assis entre deux mondes,

Que veux-tu c’est ainsi seul dans l’intimité,

Oubliant du passé les rumeurs infécondes

Que mon cœur se ressource et trouve identité…  

Partager cet article
Repost0
15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 09:21

L’homme sur la photo debout près de la table,  

Tu sais je l’ai, jadis chaque jour côtoyé,

Il m’a volé l’enfance et tenu responsable

D’être ce qu’il était pourquoi m’apitoyer ?...

Certes j’en ai souffert, sans en faire une histoire,

Je ne comprenais pas la cause ou la raison

De tous ses partis-pris dont j’étais l’exutoire,

Lorsqu’il était ainsi miné par la boisson 

Peut-être noyait-il, tout au fond de son verre,

Ses regrets, son chagrin, je n’étais qu’un gamin

Et j’ai payé le prix de son humeur sévère,

Parfois c’était l’enfer, ce n’était pas bénin…

Face à tous ses griefs trop souvent délétères,

Je plaide coupable et je vous en fais l’aveu

Adolescent, j’ai eu d’innombrables colères

Qu’il m’a fallu dompter pour en vaincre le feu

Malgré tout, aujourd’hui, j’ignore la rancune,

Je vous le dis, parfois, revoyant son chemin,

Je me suis demandé sans lui chercher d’excuse :    

Etait-il malheureux les soirs de mauvais vin ?... 

Partager cet article
Repost0
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 09:18

Une ampoule au plafond, déverse, pitoyable,

Une clarté jaunâtre et blafarde incapable

D’éclairer les recoins, les ombres sur les murs

Où dansent effrayants des fantômes obscurs…

 

Dans le fond de la pièce, un évier misérable,

Un enfant est assis, j’entrevois une table,

Silhouette sans âge, il ne veut pas manger,

Seul devant son assiette, il se sent étranger…

 

Obstiné, je le vois, il fait face à son père

Qui sans doute s’est noyé tout au fond de son verre,

A côté, dans la chambre une femme retient

Un sanglot étouffé qui chaque jour revient…

 

Je l’écoute pleurer, son chagrin est sincère,

Déambule dans l’air un parfum de misère,

Le silence est palpable et comme un arc tendu,

Le temps, soudain, s’arrête et demeure suspendu…

 

Mémoire d’un petit logement sans lumière,

Sous le signe du deuil, souvenance première,

Impression d’avoir survécu dans la nuit,

Tout me mène à la courbe où l’horizon s’enfuit… 

Partager cet article
Repost0
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 16:12

 

Qui peut dire pourquoi je refais le chemin

A l’envers, je vous fais aujourd’hui confidence

Et déroule le fil de ma maigre existence

D’où me vient ce besoin d’en faire un parchemin ?...

 

 Sans doute ai-je perçu l’avenir incertain

Qui me guette là-bas sur les rives de l’âge,

Peut-être me faut-il accepter le passage

De la vie à la mort, retranscrire mon destin

 

Et comprendre le sens, le motif premier

De cette solitude où prend source l’histoire,

Retrouver mon passé, le lien et la mémoire

Que j’ai perdu jadis ; dont je suis prisonnier… 

 

Se dévoile l’arcane à présent éludé,

J’ai longtemps ignoré l’aube de ma naissance,

Il est vrai que le fait n’a guère d’importance,

J’ai appris sur le tard ce secret bien gardé :

 

Un dimanche d’automne, au dessus d’un Bazard,

Sous un toit mansardé, ce n’est plus un mystère,

Tout près du Sacré-Cœur d’un amour adultère,

A Paris, je suis né simplement par hasard…

Partager cet article
Repost0