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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 00:21

Les morts et les vivants se tiennent par la main,

Il me semble les voir s’embrasser au lointain

Et même si parfois le souvenir s’efface,

De l’oubli conjurant et le temps et l’espace,

Son empreinte demeure invisible à l’œil nu,

Chaque chose chuchote un vieux refrain connu,

Qui, d’un écho, revient les jours de pleine lune  

Se poser sur mon cœur embué par la brume…

Dans les esprits dormants reste la vision

Dont l’âme se souvient. Trouble sensation

D’être, souvent, hanté par des voix souterraines

Dont la plainte, à jamais, glisse sur les futaines…

 

Tout demeure confus, se dessine indécis,

Sur un lit, dans le noir, des enfants sont assis,

Une fille, un garçon, silhouettes sans âge,

Il en est un qui pleure et l’autre reste sage…

La bouche et les yeux clos, le front ensanglanté

C’est un oiseau blessé qu’une pierre a frappé,

Un morceau de moi-même échoué sur la grève.

Indicible présence aux limites du rêve,

C’est ma sœur qu’on enterre, écoutez mon secret :

Promenant avec elle en un jardin discret,

J’ai rejoint le royaume au-delà des murs sombres 

Où s’épousent l’infime et l’infini des nombres…

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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 23:36

Ils sont là devant moi bien vivants et joyeux,

Deux filles, un garçon, j’écarquille les yeux,

L’on me dit c’est tes sœurs et puis voilà ton frère

Ma mémoire vacille aux portes du mystère…

 

Chaque nuit, une image imprécise revient,

Etrange vision dont le cœur se souvient,

Inscrits en filigrane aux pourtours de ma couche,

Les morts et les vivants s’embrassent sur la bouche…

 

Quelque part, à voix basse, une femme gémit,

C’est peut-être ma mère il me semble interdit

D’en parler,  il me faut oublier, me suspendre

Dans l’ailleurs, effacer ce que je crois comprendre…

 

Fulgurance : il fait noir, sous le manteau du deuil,

Le chagrin, les douleurs sont vives, je suis seul ! 

Sans visage ni nom, j’écoute le silence

Frissonner, sangloter comme une confidence…

 

Aux portes de l’enfer, sentiment dépravant,

Je porte le remords d’être le survivant

Alors j’ai raturé le temps de mon enfance ;

Seule émerge parfois une ancienne souffrance…

 

Soudain des étrangers sont venus m’envahir,

J’ai beau fermer les yeux, sonder le souvenir,

Sans relâche explorer les années et l’espace,

D’où sortent ses enfants me laissant dans l’impasse ?…

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 02:16

Tu as perdu le fil de ta première enfance,

Au lieu du souvenir un vaste trou béant,

Ton vécu de naguère appartient au néant,

En ton cœur reste inscrite une ancienne souffrance…

Son fantôme parfois effleure ta conscience,

L’inusable secret enrubanné de pleurs

Te désigne du doigt et les vieilles douleurs

 Entrouvrent le tombeau dont tu as la prescience ;

Monte des profondeurs des oraisons funèbres,

Le cauchemar revient et rampe sous le toit,

Souviens t’en, cet enfant dans le noir, c’était toi !

Tu es seul dans un lit prisonnier des ténèbres.

Ta mère a du chagrin et tu t’en sens coupable,

Coupable d’être là. Pourtant tu n’as rien fait

Mais tu ne le sais pas. Tu portes le méfait

Et la fêlure s’évase intense, inacceptable…

Une femme sanglote au creux de ta mémoire,

L’ombre de la mort flotte et tu ne comprends pas

Tu ne vois plus ta sœur, seul résonne le glas,

Il te faut oublier pour survivre à l’histoire…

Tu ne vois pas ses yeux ni même son visage,

C’était juste un bébé qu’une pierre a frappé,

Triste et pauvre destin qui nous a tous happé ;

Elle s’appelait Claudie et demeure sans âge…

 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 13:52

Une chambre, un cercueil, une femme allongée,

Le corps froid, étrangère incarnant le malheur

Qui me broie et me tord et pétrit ma douleur ;

Ignorant ma colère elle reste figée

Et me laisse orphelin sans un mot pour lui dire

Mon sentiment de perte et cet amour rageur

Qui de ses poings d’acier estampille mon cœur

Et martèle un « je t’aime ! » Impossible à transcrire…

Fenêtre et volet clos l’univers se dérobe

Et le vide m’attend dès l’éveil au matin,

Rien ne vient éclairer les contours du chemin

Seul l’ennui m’engloutit dans les plis de sa robe

Et pourtant je sais bien qu’il existe une porte

Ouverte sur l’ailleurs, J’en possédais jadis

La clef, rêve incertain disparaît l’oasis,

J’ai perdu le sésame et rejoint la cohorte

De ceux qui, l’esprit las, restent assis  dans l’ombre

De la lune en rêvant à cet astre lointain

Qu’ils ne peuvent toucher en étirant la main ;

Ainsi passent les jours noyés dans la pénombre…

Il pleut, le ciel est gris et mon âme est amère,

Entre quatre murs blancs le visage atterré,

Quand j’ai baisé son front le cœur désespéré

A jamais clos j’ai vu les yeux bleus de ma mère…

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 13:18

J’ai confié mon chagrin au silence des pierres,

Sur le marbre posé des gerbes de prières,

Dans les bras d’une morte aux grands yeux nébuleux,

Longuement j’ai pleuré mon ennui fabuleux…

Est-il regret plus long que celui d’une mère

Quand l’amour nous poursuit dans l’ombre douce-amère…

Je suis cet orphelin dont je maudis le deuil,

Reviens le temps jadis nimbé d’un blanc linceul ;

Voilà que je suis fou déjà je perds la tête,

Partout autour de moi je vois sa silhouette,

Dans la rue, elle danse et s’enlace à mon pas

Puis me laisse plus seul contempler son trépas…

Intemporelle femme au visage d’argile,

Gravée en ma mémoire, invisible et fragile,

Le soir elle est ici, plus tard elle est là-bas

Je ne sais quoi rêver mon cœur est bien trop las !...

Il est des jours ainsi plus gris que d’habitude

Où l’absence me pèse et dit ma solitude ;

J’ai beau fermer les yeux ne plus vouloir penser,

Lorsque vient le matin je voudrai l’embrasser…

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 02:02

Dans ma tête, les mots ont d’étranges silences,

Est-il un lieu secret inconnu des voleurs

Où fleurissent en paix de fertiles semences,

Une flamme, un amour sans ennuis ni douleurs…   

 

Je regarde le ciel où commence et s’achève

Le chemin orgueilleux que jadis j’ai creusé

Maints pétales flétris chevillés sur la grève

Me désignent du doigt, mon vieux cœur est brisé…

 

Loin de la foule et loin des rumeurs de la ville,

Les néons sont blafards, immanente une main

Me saisit, le jour meurt, tout s’efface servile

Puis l’abîme grandit, que serai-je demain ?   

   

Donnez-moi le repos car mon âme usagée

S’époumone à survivre, elle compte ses pas

Et demeure à jamais dans la vase plongée

Tandis qu’au clocher sonne ultime le trépas…

 

Moi-même et différent, étranger à l’histoire,

Je voudrai disparaître, ailleurs ressuscité,

Peut-être au bout du monde en un corps sans mémoire

Où je pourrai rêver en toute liberté.

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