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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:46

Ta lèvre, sur ma peau, comme une chrysalide,

Se dépose et s’envole avec légèreté,

Délicat, son baiser, sans culpabilité,

Me lègue son empreinte aérienne et liquide…

 

Lorsqu’au matin tu pars dans l’aurore livide,

Submergé par l’émoi, le cœur désargenté,

Aux portes du sommeil je demeure hébété,

Sous ma paupière, il pleut de la rosée humide…

 

Ma main tâtonne en vain les draps blancs de satin

D’où comme du tabac froid gémit, clandestin,

L’effluve cramoisi d’une trop vieille empreinte…

  

J’ai beau, des yeux, chercher une miette de toi,

Seule, la solitude étire son bras droit,

Lentement, dans le jour ton murmure s’éreinte…

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:33

Clocher, sonne le glas ! Mon cœur est un tombeau,

Une crypte ! Erodé par l’ombre, il se consume.

Fétide, seul le doute encore le parfume,

Sur lui, le désarroi remoule son couteau…

 

Nul écho n’est plus lourd que celui du marteau

Qui tombe et rebondit sans cesse sur l’enclume,

Haine, douleur, misère…, en révèlent l’écume

Et l’oubli, sans remords, le vêt d’un gris manteau…

 

D’espérance et d’amour, nos chapelles sont vides,

Ne reste de l'humain que des regards livides,

Endeuillé, l’horizon se voile d’habits noirs…

 

O ! Funeste tollé de ton joug qui m’assaille,

Vois, comme mon esprit sous celui-ci tressaille,

J’ai froid, j’ai peur, il pleut des lames de rasoirs…

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:30

Étreint et cahoté par la main du géant,

Subissant du roulis l’effroyable vertige,

Du passé préservant la gloire et le prestige,

Tangue et roule navire affronte le néant…

 

Fier sous le vent, ton flanc cinglé par l’océan,

Frêle pièce de bois que la lame fustige,

Craque et geint sous les coups que l’orage t’inflige,

Conjure de l’oubli le vaste trou béant…

 

Nourri par l’espérance en quête d’un refuge,

Ardent et vaillant, lutte ! Use d’un subterfuge,

De ta frayeur maudis le chant désespéré…

 

La voilure en haillons, épargné du naufrage,

Lorsque le jour s’entrouvre épuré de sa rage,

Contemple de la paix l’horizon éclairé…

 

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:15


Mon âme a des tiroirs encombrés de clameurs,

Il suffit qu’un hasard en brise les serrures,

Arômes surannés s’ouvrent mes meurtrissures,

Madame, tolérez d’avance leurs humeurs…

                                                                            

Je ne veux plus subir de l’amour, les tumeurs,

Déboucher ce flacon garnit de vomissures,

J’ai déjà trop de peine à combler mes blessures,

Pour d’autres, conservez vos mensonges charmeurs…

 

Ne me suppliez point avec cette innocence

Que je connais si bien, elle n’est qu'effervescence,

Qu’un élan passager, qu’un simple émoi du cœur…

 

Ma mémoire est un coffre aux mille et un secrets

Et même, si le jour ils demeurent discrets,

Ils peuplent mon sommeil, j’en connais la rancoeur…

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:10

 

L’oubli, d’un lent murmure encercle la pénombre,

Douceâtres, ses vapeurs édulcorent l’ennui,

Tremblant, ton souvenir s’échappe dans la nuit,

De notre amour d’antan ne reste plus que l’ombre…

 

Mon cœur est une crypte à la fois triste et sombre,

Mais cruel, un coucou, lorsque sonne minuit,

Éveille son chagrin, le silence s’enfuit,

Rien ne peut émousser le regret qui l’encombre…

 

O ! Mensonge apaisant, équivoque miroir,

Sur les rives duquel se dépose l’espoir,

Offres-moi du sommeil la torpeur antalgique… !

 

Puisque dans mon esprit ne brûle aucun flambeau,

Du silence je veux connaître le tombeau

Et du néant cueillir le bienfait léthargique…

 

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:00

Il voit passer les gens, ils viennent tous le voir

Mais il ne sait pourquoi ? Son esprit s’interroge,

Pourquoi cette tristesse au son de l’au revoir ?

Fugace sa conscience à l’absence déroge

Et cherche le motif de ce vaste trou noir ;

Nulle lueur ne vient en dissiper l’abîme

Alors sur une chaise, amorphe, il va s’asseoir

Pour ne pas déranger, sa présence est infime.

 

 Son regard est ailleurs tourné vers l’intérieur,

Nul ne sait ce qu’il voit, nul ne sait ce qu’il pense,

Sur ses lèvres parfois un sourire rieur

Se pose avec douceur, vague réminiscence

D’une chose enfouie au plus profond de lui

Dont il ne saisit plus les anciens paysages.

Son corps est là, présent mais son âme s’enfuit

Vers un monde lointain aux ténébreux rivages.

  

Le souvenir s’efface . A chaque nouveau pas

Sa mémoire le quitte infidèle aux visages

De ces êtres aimés qu’il ne reconnaît pas ;

De l’oubli, il ressent les funestes présages.  

Insensible à l’amour, la mort pour horizon,  

Monocorde, sa vie a la couleur du vide,

Terne comme le ciel d’une grise saison ;

Celle du temps qui passe immobile et livide…

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 00:18


Lesté d’illusions, quittant le sol natal,

L’aigle à la tête d’or, côtoyant les nuages,

De vouloir conquérir du ciel les maints rivages ;

Son cœur nourrit un rêve intrépide et fatal…

 

Sur la céleste roue il s’élance brutal

Et chasse de la nuit l’hydre aux mille visages,

Nulle ombre ne résiste à ses ardeurs sauvages ;

S’entrouvre devant lui le monde occidental…

 

Du calice des fleurs il lape l’ambroisie,

Tout un peuple l’acclame ivre de poésie,

A bras ouverts la vie accueille ses bienfaits…

 

Au faîte de sa gloire il arrête sa course,

Profitant du répit le sombre se ressource,

Au loin, déjà l’hiver complote ses méfaits…


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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 21:54

 

Complice malgré moi de l’hydre inacceptable

La mémoire arrimée au sentiment coupable,

Coupable d’être là, vivant parmi les morts,

Subsistant comme un rat rongé par le remords,

Mes rêves sont peuplés de prisons successives  

Dont je parcours sans fin les blafardes coursives.

Je vais de l’une à l’autre éprouvant la douleur

Inscrite sur les murs grisâtres, sans couleur.

Partout la même odeur me donne la nausée

Et semble prendre corps. Sur mes lèvres, posée,

L’acide infection mélange de sueur

De sang séché, d’urine entretient la frayeur. 

Transformant les plus forts en modestes cloportes 

Elle suinte indicible et transperce les portes,

Essaime son venin le long des corridors 

Puis, sans visage, rode autour des miradors,

Infecte les esprits, disperse sa matière

Pétrifiant d’effroi la cité toute entière.

Je vis loin de son souffle et pourtant chaque nuit,

Venu d’autres pays, son écho me poursuit,   

J’ai beau fermé les yeux sur l’immonde nature

Résonne en moi le cri de l’homme qu’on torture…

  

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 23:31

Au pinacle de l’effroi, le laid que rien n’encombre,

Étayant ses verdicts d’arguments contrefaits,

Se nourrit de la chair du juste et des parfaits,

Sur les ruines du temple arrive le jour sombre…

 

Les temps sont achevés, de l’aven revient l’ombre,

D’un souffle perverti colportant ses méfaits,

Voit ! La bête innommable accomplir ses forfaits,

Nul n’en saura jamais les victimes sans nombre…

 

Bonté, fraternité s’entrouvrent vos tombeaux,

Les enfants de Caïn, comme un vol de corbeaux,

Extirpent de l’obscur le terrible prophète…

 

Des ténèbres, le maître, ange déchu, Satan

A triomphé du ciel et des vertus d’antan,

Pour déclamer le verbe, il n’est plus un poète…

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 23:22

Ultimes survivants, complices du pillage,

Dans l’espoir d’y cueillir des miettes de raison,

Irons-nous sur la berge ausculter l’horizon

Et du temps épurer l’amertume sans âge… ?

 

En silence et penauds, alignés sur la plage,

Afin d’en préserver l’utile floraison,

Saurons-nous de la terre écouter l’oraison,

Humbles, de nos bontés ferons-nous étalage… ?

 

Inspirés par la vie, instruits de nos erreurs,

Du verbe originel, retrouvons les valeurs,

Dessinons de l’amour les chemins légendaires…

 

De ce monde étonnant devenons citoyens,

Unissons la parole aux gestes quotidiens,

Avec lui, bâtissons, montrons-nous solidaires…

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