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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 15:32

Sur le quai d’une gare un papillon s’envole,

La brûlure s’évase et ravive l’émoi,

Bientôt je serai nu, déjà mon sang s’affole,

Je regarde le ciel et les jours devant moi,

 La flamme, le brassier, immense l’incendie

Déferle sur mon cœur, quand tout sera brûlé,

Consumé, calciné subsistera bannie

L’empreinte du passé sur laquelle empalé

Je gémirai sans fin mon chagrin et ma peine…

J’écouterai la plainte aux mots décapités

Se briser sur les murs du silence d’ébène…

Ô limbes, profondeurs et chemins désertés,

Condanné, je suis seul les mains pleines de cendres,

Je ne peux oublier le jardin, l’oasis,

Le verger de l’amour et tous ces matins tendres

Qui fleurissaient à l’aube au temps heureux, jadis !…

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 02:54

Sur le sable, au hasard d’un chemin, j’ai jeté

Les runes, l’horizon sur lui-même vacille,

Il me semble entrevoir l’ombre d’une faucille

Au dessus de ma tête et je chute hébété

Dans l’abîme, le ciel, encré, sans profondeur

Ni perspective, est noir, impression étrange

De flotter sur un radeau, j’ouvre les yeux, un ange

Ou peut-être un gardien est là puis une odeur

De souffre me surprend, je vois mon corps couché

Sur les rives d’un fleuve immobile et sombre,

Pas un reflet ne vient égayer la pénombre,

Le paysage est vide et l’avenir bouché…

 

Ainsi passe la vie un jour on ouvre un œil,

On voit son quotidien et le monde s’écroule,

La tristesse et l’ennui, comme pierre qui roule,

Nous emporte loin au plus bas sur le seuil

Du néant et du rien qui le masque tombé

Nous abandonnent nus face à la solitude

A laquelle on survit d’une lâche attitude ;

Pourquoi nous faut-il croire à cet espoir plombé ?…

Lorsque dès le matin ne vient aucun désir,

Que tout nous paraît gris futile et dérisoire

Et qu’il nous faut encore inventer une histoire

Afin de se lever sans raison ni plaisir…

 

Intime confidence au nœud des vérités,

Me voici parvenu devant la porte close

Dont j’ai perdu la clef, ne reste plus grand-chose

A quoi me raccrocher sinon des fruits gâtés,

Une corde élimée, un miroir ébréché…

Je suis las, fatigué de chercher à comprendre

Cette vieille langueur pourrissante et peu tendre

Qui me fait chanceler comme un homme éméché.

L’âme et le cœur usé, je veux juste dormir,

Ne pas penser, flotter, seulement me suspendre

Ailleurs, inexistant et puis, surtout m’étendre ;

Sur le sein de Morphée à jamais m’alunir...

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 01:10

Trop longtemps enfermée en vos cages de fer

Ou bien vos palais clos subissant vos caprices

En épouse fidèle où encore l’enfer

De vos mots, de vos coups, véritables supplices…

 

Aux tréfonds d’elle-même elle puise l’orgueil

D’exiger le respect de l’animal infâme

Qui chaque jour façonne et scelle le cercueil

Dans lequel elle perd sa jeunesse et son âme…  

 

Récusant les dictats de vos esprits étroits,

Des chaînes de la peur elle brise l’entrave,

Lasse d’être humiliée, elle affirme ses droits

Et relève la tête avec force et courage…

 

Rebelle aux compromis de ce monde brutal,

 Elle étoile les murs des vielles citadelles

Et d’un cri lacérant le silence fatal,

 Décidée à revivre elle entrouvre ses ailles…

  

Machistes de tous crins, petits chefs ou bourreaux,

Fini le temps cruel de la femme soumise,

L’hirondelle a limé vos sinistres barreaux

Et pris son envol vers la liberté promise…

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 03:27

Sous les coups incessants de cette brute infâme,

Dans sa cage de fer, prisonnière du mal,

Sans cesse rabaissée au rang de l’animal,     

Chaque jour un peu plus elle égare son âme

Et tente de survivre,  innocente victime

D’une main tortionnaire, à  l’enfer quotidien

Qui depuis qu’elle est femme est devenu le sien… 

Plus de jour, plus de nuit, sa vie est un abîme

Un sordide couloir sans la moindre ouverture,

 Personne aux alentours ne vient la secourir,

Simplement lui donner la force de courir

Loin de ce  monstre abject d’une atroce nature …

Engeance de l’espèce humaine, méprisable

Bourreau, persécuteur, homme lâche, brutal,

Capable, sans remords, du pire et du fatal,

Sur sa proie, Il commet le geste inexcusable…

De la jeune colombe il a brisé les ailes

Puis il a façonné les chaines de la peur,

Jusqu’au fond de son cœur répandu la terreur,

Et de ses yeux éteint les ultimes chandelles…

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 00:31

Elle frisonne au bruit du pas dans l’escalier

Et retient un sanglot, ne pas laisser paraître

La moindre émotion, trop aviné peut-être

Ira-t-il se coucher sans même l’humilier...

 

Il est devant la porte, ivre sur le palier,

Elle tremble, la peur revient inaltérable,

Que faire, se cacher ? Elle se sent misérable

Suspendue à la sombre humeur de son geôlier…

 

Soudain dans le couloir un juron familier,

Ne pas le provoquer, immobile se taire,

Surtout baisser les yeux, subir, le laisser faire,

Lui montrer des égards, toujours le remercier…

 

Il entre, la regarde et se met à crier

En guise de bonsoir, c’est ainsi, rien ne change !   

Lui servir à dîner sans lui sembler étrange :

En esclave fidèle à sa loi se plier…

 

Et puis attendre encore, appréhender le pire,

Les yeux clos de dégoût répondre à son désir,

Violée, outragée alléguer le plaisir ;

Se laver longuement cracher l’air qu’il respire…

 

Sentir au fond de soi la force de partir,

Avoir la paix, puiser un reste de courage,

Dégrafer son corset au monde hurler sa rage ; 

 Trouver la liberté simplement de mourir !…  

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 01:09

Ô ! Femme condamnée aux châtiments barbares,

Par le fer, le fouet, la prison, la rancœur,

Des hommes insensés, sans conscience ni cœur, 

Ont mutilé ton corps de plaies et puis d’esquarres…

 

Tu ne vois plus le ciel dans les mains tortionnaires,

De les voir ricaner je ne peux que vomir,

Ta douleur et tes cris m’empêchent de dormir,

Sans pardon je maudis tes procureurs sectaires…

 

Je pleure submergé par l’humaine bêtise,

Le bête s’est éveillée et commence à gronder,

Des juges corrompus veulent te lapider ;

Frêle petit oiseau l’espérance agonise…

 

Ta vie est un enfer impossible à décrire,  

Ils ont dit que ton âme est coupable d’aimer,

Pour ce qu’ils te font puisse, un jour, Dieu les damner !

Plus fort que tous les mots que nous pouvons écrire…

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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 14:23

Nourri par ma conscience, à qui voulait l’entendre,

Haut et fort, je disais les mots consensuels,

Ceux qui dans l’air du temps semblaient universels,

Balayant les sujets sans même les comprendre…

Certes de bonne foi, je clamais mes critiques

Mais j’occultais de fait certaines vérités

En demeurant aveugle à ces réalités

Que je ne voulais voir au nom des grands principes…

De toutes les laideurs les tenant responsables,    

De mille lieux communs, étayant mes propos, 

Sans gloire ni périls enivré par les mots,

J’allais le doigt pointé désigné les coupables !...

 Tandis que je bramais ma révolte bourgeoise,

Exaltant l’humanisme et hissais le drapeau

Des gens bien pensants en suivant le troupeau

Des intellectuels soudain, douce et narquoise,  

J’entendis une voix résonner dans ma tête :

« Toi, l’homme préservé des soucis quotidiens,

Tu donnes des leçons et cries avec les chiens,

D’être l’un de ceux là ; tu me déçois poète ! »

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 01:06

Va et vient incessants au sortir d’une alcôve

Des couples singuliers, en détournant les yeux,

Se croisaient au détour d’un rideau couleur fauve

Qui tout juste masquait leurs ébats licencieux…

 

La salle, elle-même, était glauqe et pesante,

Perverse, elle sentait le crime, le désir

Retenu, dépravé, l'impuissance angoissante,

le sexe consommé, vite fait, sans plaisir... 

 

Des femmes, au comptoir, exhibaient d’opulentes

Poitrines sous le nez d’hommes concupiscents

Qui ne se privaient pas, de façons insolentes,

D’explorer leurs dessous se montrant indécents…

 

Sur la scène une fille, en des poses obscènes,

Tentait, tant bien que mal, d’exciter un pigeon

Dont les intentions étaient plus que malsaines,

Le patron, quant à lui, reluquait son pognon…

 

À la porte un malfrat, aux airs patibulaires,

Se pavanait décochant des regards agressifs

Aux quidams sans le sou, les idées pas très claires,

Qui titubaient grisés va-nu-pieds et chétifs…    

 

Que vous dire de plus sur ce lieu de misère,

Dans l’attente du jour et d’un autre horizon,

Je noyais mon chagrin tout au fond de mon verre ;

Simplement j’étais là sans espoir ni maison…

  

Une nuit, égaré, dans un bouge minable,

Je buvais seul assis dans un coin malfamé,

Le vin était mauvais, le décor détestable,

L’atmosphère vulgaire et le bar enfumé…

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 11:25

 Franchissant la frontière à pas de loup sans bruit,

Le visage grimé des couleurs de la guerre,

Dans la ville endormie ils sont venus la nuit

Etriper de leurs dents les espoirs de naguère…

 

Inutiles sillons éprouvés par mon cœur,

Comme roses à peine écloses sur mes lèvres,

Les mots n’ont pas d’échos, le non-sens est vainqueur,

Au loin un chien aboie et mes rêves sont mièvres…

 

Interné dans Gaza l’un dit que c’est l’enfer,

Cloîtré dans une cave un autre, à genoux pleure,

Sa  maison dévastée, un ouragan de fer

Déferle sur la ville et ce n’est pas un leurre…

 

Frêles fétus de paille emportés par le vent, 

Souvenances enfants décimés par l’orage,

Les soldats, les démons, ils reviennent souvent

Maraudeurs des bas-fonds animés par la rage…

 

Que de maisons en ruine et que d’agonisants

Allongés sur le sol nourrissant la charogne… 

Quand tombe la poussière assis près des gisants,

L’envahisseur au matin contemple sa besogne…

 

Souffles d’encre à mi-voix doucement déposés,

Chuchotés sur la page, un oiseau s’envole,

Allongés sur le sol maints petits corps brisés,

Longuement sans un cri le silence résonne…

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 12:06

L’enfant arme sa fronde et la pierre ricoche,

Sans même égratigner la cuirasse d’acier

Du mastodonte armé. Feu ! Crie un officier 

Le temps est rouge sang, déjà la mort chuchote…

 

L’enfant court sous le feu nourri de la mitraille,

Soudain happé de terre il tombe lourdement

Et roule sur le sol... Le monstre  lentement

Pivote sur lui-même, il faut vaille que vaille

Qu’il réduise à néant la moindre résistance,

Dénudé de conscience, il obéit c’est tout

D’autant qu’on lui a dit : « l’adversaire est partout,

Montre-toi grand et fort prive le d’existence,

Soumets, détruis, réduis, inflige la sentence,

Pour le bien de la cause absous les sentiments,

Dans ce pays en guerre, il n’est pas d’innocents

Hommes, femmes, enfants, tous feront pénitence !... »

 

L’enfant git dans la rue au milieu des décombres,

Il manquera l’école, il expire en soldat,

Un autre prend sa fronde et poursuit le combat,

Qui subsistera tant qu’il restera des ombres… 

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