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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 21:40

Les mots venus du cœur lorsque l’âme chavire,

Comme de longs échos, dérivent sans rien dire,

Esseulé, l’être reste avec le sentiment

Qui sans cesse mûrit tel un fruit lentement… 

 

Douces nuées d’embruns que seuls les coquillages

Répercutent aux grés des courants sur les plages,

 Le ciel a les couleurs de ce silence amer

Que chantent les marins otages de la mer…

 

Aux côtoiements des sens, sous un voile de tulle,

Errance de l’esprit, l’intime déambule,

Le « non-dit » trouve corps dans le souffle infini

Qui résonne intérieur au puits du ressenti…

  

Nul besoin de parler, de chercher à comprendre 

Ce cri que la raison ne sait encore entendre,

Fugaces bruissements et soupirs éperdus

Demeurent à jamais dans le temps suspendus…

                                            

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 23:40

Ma tête est une enclume, un lourd marteau résonne,

Sous le poids du bourdon le pensum est pluriel,

Je brûle, je transpire, au clocher minuit sonne,

Malgré moi je plonge en un mauvais sommeil…

 

Sur un radeau boueux la fièvre me submerge,

Je tourne, je m’agite et flotte entre deux eaux,

Je n’ai pas l’esprit clair, je ne vois pas la berge,

Mon corps est vermoulu, broyé par deux étaux…

 

Corrosif, le charbon lentement me consume,

J’ai beau fermer les yeux, je ne peux m’échapper,

Incandescent le feu déverse son écume,

Dans un bain de sueur, je m’éveille tremper…

 

Objet de ma torpeur, lancinante, une dague

Me cloue à l’oreiller, dans mes tempes, le sang

Palpite douloureux, tandis que je divague

Dans les limbes son flot bouillonne assourdissant…      

 

La fatigue m’étreint dans son manteau de brume  

Je voudrais m’endormir sous des draps de satin,

En parcourant la nuit, à l’ombre de la lune,

Dans les bras d’une femme attendre le matin…

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 23:18

De grands oiseaux d’acier survolent le pays,

La saison est au sang partout il pleut des bombes,

Palestine, dis-moi le bonheur de jadis,

Nos rires sont cloîtrés, séquestrés dans les combes…

 

Aveugle dans la nuit, sur les toits des maisons,

Un déluge de feu déverse son écume,

Sous l’orage de fer les rues sont des prisons

Où rode la stupeur, l’effroi plein d’amertume…

 

Ici c’est une école ailleurs un hôpital,

Se succèdent sans fin les rancunes brûlantes,

Comment légitimer l’absurde et le fatal,

Et dérouter du ciel les aurores sanglantes…   

 

Sur les ruines se penche un vieil homme brisé,

A grand peine, pêle-mêle, extirpés des décombres,

Des corps sont allongés sur l’asphalte embrasé,   

Aux pourtours des gravas s’époumonent des ombres…

 

Des jambes, des bras, des torses déterrés,

Sinistre vision d’un matin délétère,

Une famille gît, visages altérés,

Déformés par la peur sous le regard d’un père…

 

Accroupi sur le sol, il fixe le néant,

Sans comprendre il sanglote une vaine prière

Et contemple vaincu le vaste trou béant

Qui le laisse esseulé sans espoir ni lumière…

 

Maudissant l’ennemi les démons d’Israël ;

Colère et désespoir écharpent le silence,

Au fil du temps, hagard, rode un spectre réel, 

La haine dans les cœurs transvase sa souffrance… 

 

    Ils ont souvent tué des enfants sans remords

Et banni leurs parents de la terre promise,

Quand passent les soldats s’amoncellent les morts,

A chaque nouveau jour la douleur s’éternise… 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 12:09

Ils ont clos les yeux bleus des vagues de la mer,

Ceinturés l’horizon, rendus le vent amer,

Nul voyageur ne peut accoster cette terre,

Dérivent sur les flots de grands bateaux de guerre...

 

Par la force et le sang, conquérants exaltés, 

Arrogants plutôt fiers, au mépris des traités,

Ils ont colonisé villages et frontières

Et semé sur leurs pas des sanglots de poussières...

 

  Les martyrs de jadis sont devenus bourreaux,

Séquestrant le soleil derrière des barreaux,

Comme des forcenés sans larme ni mémoire,

Ils n’ont pas retenu les leçons de l’histoire...

 

Ils ont bâti des murs dont les pointes de fer

Egratignent le ciel, Palestine en enfer,

Otage d’un ghetto, le cœur couvert de givre,

Sans témoin agonise et tente de survivre...

 

Et s’ils pouvaient encore enfermer les oiseaux

Dans des cages de verre et figer les roseaux,

Exilant le soleil vers d’autres paysages,

Ils banniraient du lieu la vie et ses visages… 

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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 00:43

Le vide, le néant, le fardeau de l’absence

Inonde de son cri l’épaisseur du silence,

Le rayon de soleil posé sur l’horizon,

Les fleurs, les papillons, la prochaine moisson,

L’espérance et la foi, Le désir et l’envie

Les promesses d’hier, l’essence de la vie,

Le chemin à venir et celui parcouru,

N’ont pas de sens, tout meurt sans être secouru…

Seul le rêve parfois nous chuchote à l’oreille

Une douce chanson sans nul doute pareille

A ce souffle de vent qui fait croire aux roseaux

Qu’ils peuvent s’envoler sur l’aile des oiseaux…

Ainsi l’âme tremblante au pourtour du rivage,

Sur l’écriteau du cœur, nourris par le mirage,

Pour simplement survivre à chaque jour nouveau,

Nous inventons l’amour assis au fil de l’eau,

Comme des écoliers sans savoir ni comprendre,

Nous écrivons les mots que nous voulons entendre…

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 11:43

Aux prémices de l’aube inscrite en demi-teinte,

Se pose sur mon cœur l’empreinte d’une main,

Sous ma paupière close, une fugace étreinte

Eveille ma mémoire au souvenir lointain…

 

Sur des sentiers pétrés soudain le vent chuchote,

Résonance des jours que je croyais anciens,

Des limbes ressurgit une vielle roulotte,

Autours d’un feu de bois chantent des musiciens…

 

Au rythme d’un cheval, guidés par une étoile,

Etrangers au village, à pas de loup, sans bruit,

Hommes, femmes, enfants, installés sous la toile,

Citoyens de nulle part ils sont venus la nuit…

 

Bien des gens au village on fait des commentaires,

    Ceux qui viennent d’ailleurs, qui peut dire pourquoi

Inspirent le soupçon des âmes sédentaires

Dont l’esprit trop souvent se manifeste étroit…     

 

Tzigane aux yeux de braise, une fillette

A traversé ma vie assise sur un banc

Ce n’était qu’une enfant, étrange silhouette,

Tout au fond de la classe à côté d’un mur blanc…

 

Je n’ai jamais osé m’asseoir tout près d’elle,

Et pourtant je voulais lui dire que j’aimais

Ses rubans colorés, sa coiffure rebelle,

Je n’ai pas fait ce pas regretté désormais…

 

Un matin la rumeur apporta la nouvelle,

Les gitans sont partis comme ils étaient venus

Chaque année au printemps j'appelle l’hirondelle

Mais l’horizon est désert, les chemins restent nus…

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 01:44

Le beau bateau du rêve a largué les amarres,

Sa voile à l’horizon me laisse un gout amer,

Je n’irai pas pleurer dans les bras de la mer

Les sirènes je sais, sont comme des guitares

Elles chantent la nuit des accords illusoires

Qui s’envolent dans l’air sans jamais se poser,

Reste sur le pavé l’empreinte d’un baiser

Dont il faut oublier les ombres dérisoires…

Puisque rose se fane aux contours d’un mirage,

Que se lèvent déjà les frimas du tourment,

A l’heure où le soleil vacille au firmament,

Avant que les embruns estompent le rivage ;

Pars petit oiseau pars, laisse-moi sur la rive,

Mon cœur est fatigué de t’avoir sublimé,

Sans doute comme toi, le corps à la dérive

J’irai dans d’autres lits me perdre sans aimer…

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 02:11

 Madame, sans façon, je vous en fais l’aveu,

Le rêve se disperse infidèle à mon vœu,

Il m’arrive le soir d’effleurer votre porte

Et d’attendre au matin que le vent vous emporte…

 

Fluctuante et volage, ô femme papillon,

Ne laissant sur ses pas qu’un parfum, qu’un sillon

Dont je porte le deuil regrettant l’épissure

Qui sans cesse revient évaser la blessure…

 

Sortilège maudit, je ne peux oublier

Ton visage et ta peau, je noircis mon cahier

D’irréels souvenirs, de bien tendres mensonges

Dont les mots surannés m’apparaissent en songes…

 

L’horizon c’est voilé, l’esprit désabusé

Je contemple à mes pieds le miroir brisé,

Du chagrin d’adorer les yeux noirs de chimère,

Sur l’eau du sentiment je rode l’âme amère…  

 

Veil amant décrépi, nomade et vagabond, 

Le cœur nu, désossé, sans le moindre rebond,   

Sur le fil de ta lèvre, homme vaincu, je pleure

Ce baiser attendu qui me fuit comme un leurre…

 

Plaise à Dieu, sans regret, sybarite et vaurien,

Tel j’ai vécu je meurs et vous n’y pouvez rien,

Il est vain, je le sais d’essayer de comprendre,

Je m’en vais cette nuit aux étoiles me pendre…

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 12:42

 Un souffle de lumière au pied d’un lampadaire

Ondule au gré du vent sur le miroir de l’eau,

Goéland sur le port, seul le cri d’un oiseau

Trouble le silence où je vais solitaire…

 

Insensible le temps se dandine aux faitières,

La tienne reste sombre et les quais sont déserts,

Ritournelle revient un mensonge pervers  

Je rode naufragé sur des allées altières…

  

Balancelle perchée au firmament la lune

Accompagne mes pas, les voix de l’au-delà

Chuchotent dans le noir ce que je sais déjà,

Une étoile trébuche au loin sur la lagune…

 

Je pense à ces marins dévorés par l’abîme,

A des corps oubliés rejetés par la mer,

A des sanglots muets dont le sel est amer

Et je me sens petit sous la voûte sublime…

 

 Un sentiment d’exil sur mon cœur se dépose,

Présage, je te vois te perdre en d’autres bras,

A quoi bon demander, je sais tu mentiras,

J’ai traversé la nuit devant ta porte close… 

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 01:13

Vois le long des chemins sombres fleurir des tombes,

Les plumes rouges sang, regarde cet oiseau

S’époumoner sans aile et dériver sur l’eau,

Écoute mon enfant le sifflement des bombes…

 

Ici l’on meurt de faim, ailleurs on fait ripaille,

On pille, on assassine, on chasse l’étranger,

Quand passent les voleurs plus rien à partager,

    Orfèvres du malheur s’engraisse la canaille…

 

Les hommes sur leurs pas propagent la misère

Et portent dans leurs cœurs la haine au quotidien,

De vouloir simplement s’attribuer un bien,

Qu’importe la façon chacun se fait la guerre…

 

Le ciel peut bien s’éteindre et la terre se fendre,

Se moquant du désastre, il est des prédateurs

Plus cruels que la mort planant dans les hauteurs

Et des crimes sans nom que nul ne peut défendre…

 

Toi dont le bleu regard s’éveille sur l’immonde,

Et du ciel aperçoit le funeste horizon,

Le désastre immanent qu’annonce la saison,

Peux-tu me pardonner de te léguer ce monde ?...

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