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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 14:40

Le long des quais déserts dorment de vieux bateaux,

Peut-être un jour l’un d'eux partira vers le large,

Sur ma joue une larme aiguise ses couteaux,

Je vais le dos voûté me perdre dans la marge…

 

Suspendu sur le fil d’un maigre filament  

Homme désincarné, je marche vers le vide,

Doucement je titube et je ne sais comment

Apprivoiser le temps qui sous mes pas s’évide…

 

Souvenance des jours où j’allais sifflotant,

Tandis que devant moi le chemin se délabre,

Ultime compagnon de mes amours d’antan,   

Au bout du parapet demeure un candélabre…

 

J’imagine une voix qui me dira demain

Les mots tendres et doux que mon cœur affabule,

Se pose sur mes doigts l’empreinte d’une main

Dont j’encense le grain hagard et somnambule…

 

Estampillé revient l’étrange sentiment,

Le rêve s’effiloche et le monde bascule,

Sur l’eau de mes yeux bleus, étoile au firmament,

Le corsage échancré danse une libellule… 

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:44

Silhouette ondoyante ancrée à ma mémoire,

Sur ma joue une larme, un souffle évanescent,

Au clair de lune danse une sirène moire,

Rêve d’une enjôleuse au charme incandescent…

 

Sortilège des sens, une voix féminine,

Prélude au piano, fredonne une chanson,

Sensuel, un refrain dans ma tête lutine

Et la magie opère éveillant le frisson…

 

Un murmure de vent glisse dans les cordages,

Souvenance de corps sur un lit enlacés,

Les bateaux sont à quai de la proue aux bordages

Côte à côte endormis par les ressacs bercés…

 

Froissement de draps blancs sous la voûte céleste,

Une flamme rougeoie, attise le désir,

Un bourgeon papillonne et le temps se déleste,

Brûlante une empreinte évoque le plaisir…

 

Je regarde le ciel, une étoile frissonne,

Aux pourtours de ma peau se dépose un baiser,

Cendrillon doit partir, au clocher minuit sonne,

L’astre au firmament bat des ailes sans muser…

 

Sur le trouble océan de mes yeux couleur perse,

Empreinte filiforme inscrite entre deux eaux,

Diaphane une image ondoie et se disperse

En laissant sur ses pas de tendres oripeaux…

 

Reste le souvenir d’un pétale de rose

Dont ma main réinvente à foison la douceur,

Éthéré son parfum enlumine ma prose,

Ce qui fut, à jamais, divague dans mon cœur… 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 23:45

J’ai suivi le chemin qui devant moi s’évide,

Aux pourtours de mes yeux soupire un filament,

J’apprivoise le pas du trouble sentiment

Mais l’étoile s’enfuit fléchissant vers le vide…

 

Vois, sur ma peau plissée, une larme s’évide,

Son empreinte séchée étreint le filament

De l’intime blessure, ultime sentiment

Sanglotant sur lui-même aux frontières du vide…

 

Océan oublié l’âme du temps s’évide,

Mince frisson passé la vie en filament,

D’une aile s’époumone absente au sentiment ;

Chimérique le deuil s’installe au puits du vide…

 

Comme un fruit nécrosé puisque l’amour s’évide

 De toute raison d’être, infime filament

Tenu par une épingle au dos du sentiment

Malingre l’espoir suinte enténébrant le vide…

 

Entre mes doigts crispés la bobine s’évide,

Fils, j’effile le fil fragile filament

Dont j’ai perdu l’écrin utile au sentiment,

Mon cœur est un désert où résonne le vide…

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 14:33

A jamais désertés, nos temples sont pillés

Par l’esprit mercantile assoiffé de lumière  

Et lorsque l’un de nous entonne sa prière,

  Ne restent sur la croix que de vieux clous rouillés…

 

Sans doute assassinés nos prophètes sont morts

Et dans nos cœurs fleurit la sombre indifférence,

Vivants ou bien défunts qu’elle est la différence ?

Sans cesse nous tuons sans avoir de remords… 

 

L’on a bâti des murs, cloisonné les humains

En guise de doctrine aiguillonné les haines,

Tant de frères captifs croupissent sous les chaînes,

L’injuste et la misère écrouent nos lendemains…

 

 N’attendez point de nous la moindre charité,

Ultime résultat du cynique abattage

Enfants des temps futurs voici votre héritage :

Une terre mourante, un monde dévasté…

 

A jamais baptisés fils de l’obscurité

Nous ne pourrons jamais devenir des apôtres,

Déclinant tout pardon, moi qui suis l’un des vôtres,

Complice du méfait j’avoue en vérité :

 

Que m’importe l’enfer que peut-il condamner

Qui ne le soit déjà par l’humeur délétère ?

Chaque jour grandissant je le vois sur la terre ; 

Puisse Dieu me maudire et le ciel me damner !…

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 14:34

 J’aime l’ardeur mourante inscrite dans les cieux

De l’amour languissant, l’inaltérable flamme

Qui renaît sous la cendre et dont seule la femme

Conserve les secrets des jours devenus vieux…

 

Sublime est l’étincelle errante dans le noir

Qui rajeunit le front des amantes déchues

Et chasse de la mort les grandes mains crochues

Dont les ongles boueux écorchent le miroir,

 

Guillerette est la ride au pourtour du regard

Nostalgique et lointain quand revient la mémoire

Louvoyant sur le fil de l’intime grimoire

Où le rêve se mêle au souvenir hagard,

 

Les contours de l’hymen musardent dans les yeux

Délavés par le temps qui doucement s’efface,

L’âme et l’éternité, d’un tendre face à face,

Epousent du présent le passé merveilleux…    

     

J’exalte les parfums des spectres surannés

Qui viennent s’échouer sur des lèvres peu sages

Estampant les tissus de ces antiques pages

A jamais ressassés par des corps condamnés…

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 02:57

Tailleur et bas de soie, elle marche dans mon ombre,

En cadence, son pas martèle le pavé.

Je frémis. Dans mon cou son souffle dépravé,

Aiguisé comme un dard, m’invite au désir sombre

De franchir la limite inscrite en majuscule  

Dans la mémoire humaine. Éludant l’interdit,

Je pivote vers elle en quête d’inédit,

Dans un gouffre sans fond ma conscience bascule…

 

Elle est là, devant moi, proche et pourtant lointaine,

Ténébreuse une flamme embrase ses yeux noirs

Et m’incite à me perdre en ses troubles miroirs

Mais je ne sais que dire à cette femme hautaine…

Grisé par son parfum je sens venir l’ivresse,

Me laissant suspendu, pitoyable et hagard ;

Echancré son corsage enjôle mon regard

Qui n’ose, en son sillon, déposer sa caresse…

 

Sans même en avoir l’air, sa brune chevelure,

D’une valse aguicheuse, effleure doucement

Le verso de mes doigts attisant brusquement

De l’amour retenu la sublime brûlure…

Mais voilà que soudain, elle tourne la tête,

Sur sa lèvre pulpeuse un sourire étonné,

Elle regarde ailleurs et me laisse benêt

      Sur le bord d’un trottoir guigner sa silhouette...

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 02:34

L’orgueil est son royaume et l’enfer son destin :

Tout juste éclos de l’œuf son Ego versatile,

Assoiffé de pouvoir, se comporte en catin,

Victime du bourreau qu’il enfante servile.

 

Il ne peut accepter de se dire mortel,

Pour répondre au néant qui dans le fond demeure

Il devient ce tyran se voulant éternel ;

Sur sa nature humaine évidemment se leurre…   

 

De manier, avec art, la dague et le poison,

Simulacre égaré dans les limbes du pire

Il méprise la vie… Au gré de sa raison ;

Tout être qu’il coudoie incessamment expire…

  

Criminel simplement pour combler ses désirs,

Il ne peut s’empêcher de se montrer cupide,

De torturer son frère il succombe aux plaisirs

De se prendre pour un dieu s’en se croire stupide.

 

A qui sait le nommer arrogant il répond :

Je suis l’homme sans âge ou bien la bête immonde,

N’attendez pas de moi l’aumône d’un  pardon,

Appelez-moi César, je règne sur le monde !...

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 23:50

De la pluie et du vent qu’importent les raisons,

Car la terre agonise et les hommes s’en moquent,

 Assoiffés de pouvoir les Ego s’entrechoquent, 

Tout commence et s’achève au rythme des saisons…

 

L’orage a beau frapper, dévaster la maison,

Toujours les mêmes jeux, la carte détestable 

Augure le désastre exposé sur la table,

Vois, la dame de pique endeuiller l’horizon…

 

Existe-t-il un lieu préservé des rumeurs,

Un modeste carré vêtu de mousse tendre

Enrobé de silence où je puisse m’étendre,

Sans plus penser, absous du monde et ses clameurs…

 

Je cherche dans le ciel une escadre d’oiseaux,

Une blanche nuée ou la trace d’un ange

Mais seul, à mes appels, répond un rire étrange,

Le démon dans mon cœur a planté ses ciseaux

 

Et mon âme d’enfant déchirée, en lambeaux,

S’époumone à rester accrochée aux balustres

De l’espoir déjugé par le souffle des rustres

Qui déportent le rêve en de sombres tombeaux…

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 17:53

Lorsque l’orgueil blessé je me sens en danger,

Solitude, château de mon âme meurtrie,

Je fumige en ton sein la meurtrissure aigrie

Et je rode aux pourtours de ce monde étranger…

 

Pour mieux me protéger j’érige des remparts

Où viennent se briser d’épouvantables lames,

Le cœur régénéré par l’horizon en flammes

Je bâtis mon domaine à l’abri des regards…

 

Halluciné, je vais sur des glaces sans tain

Dans le noir dessiner les contours de cet être

Qui me mange le foie et qui me dit peut-être

Suis-je autrement que moi sous un dôme lointain…

 

  Ô ! Funeste miroir aux maints reflets trompeurs,

Toi qui seul sait combien l’obscurité me ronge

Apaise mon tourment délivre ton mensonge,

Roi d’un pays rêvé j’abroge toutes peurs…

 

Je, replié sur lui-même, apprivoise ici

L’eau trouble des étangs où, vive sous la vase,

L’intime boursouflure évidement s’évase.

Que voulez-vous, je meurs et ressuscite ainsi…    

 

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 01:22

Ecchymose bleutée au visage moqueur,

Fêlure de cristal, j’ai gravé dans mon cœur,

Songe ou réalité l’empreinte d’une femme

Que mon sang bouillonnant d’un murmure réclame

 

Douloureux vague à l’âme à la fois tendre et beau,

Délicate, une main érafle ma poitrine,

Inaudible soupir, frisson à fleur de peau,

A ma porte, l’amour, doucement tambourine…

 

Trouble sensation de rester suspendu,

D’être entre ciel et terre habité par le rêve,

D’osciller dans le vide à ton souffle pendu,

D’être là dans l’attente échoué sur la grève…

 

Par vague le temps passe immuable et bavard,

L’espace tout entier à ton rythme respire,

Tout me parle de toi, nourri par ton regard,

Immobile j’attends l’ineffable à transcrire…

 

Le silence est peuplé de maints échos furtifs

Dont j’exhale à foison le corps et la nature,

Décryptant, aux aguets, les signes affectifs,

Du désir, je bénis la sublime torture…

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